RSS

le regard des autres

11 Juil
 Pendant de très longues années j’ai vécu dans la peur du regard de l’autre.
C’est quelque chose qui m’a affecté de façon très importante dans ma vie.
En vivant dans cette peur du regard de l’autre je me suis fais beaucoup de mal.
Je ne parlais pas à l’oral par exemple car j’avais peur des éventuelles moqueries de  mes camarades.
Très timide je n’allais pas facilement vers les gens que je ne connaissais pas.
J’avais toujours peur de prendre des initiatives.
Dans la rue j’avais toujours l’impression que les gens me regardaient de travers.
Dès que je faisais quelque chose, la première question qui me venait à l’esprit oui mais qu’est ce que les autres vont penser. 

Toutes ces peurs faisaient que j’étais très mal dans ma peau, car j’avais l’impression d’être trop différente, et que le regard de l’autre allait sonner la foudre.
Je ne faisais pas les choses pour moi, mais pour faire plaisir aux autres.
Bref je m’étouffais moi-même par ce système de penser.
J’avais peur d’être moi, peur de ce qu’on me dirait.
Et cela se voyait de toute façon que j’étais mal dans ma peau à cause de cela.
Aujourd’hui j’ai pris un gros détachement sur tout cela.
Même si il peut rester des lacunes.
Comment ?
J’ai changé ma façon de penser, et je n’y suis arrivée que par un profond travail sur moi-même.
Je n’ai pas vu de thérapeute pour cela si ce n’est une personne d’un certain âge que je considère un peu comme mon grand père qui m’a pas mal aidé à me faire prendre conscience de mon système de pensée.
Et je dirais que dans ma reconstruction, le détachement du regard de l’autre a été la chose la plus dur, mais c’était l’étape nécessaire pour pouvoir gagner confiance en moi. Je dis gagner car je ne sais pas si elle avait existé avant.
Dans ce détachement il y a eu des hauts mais aussi et surtout des bas, le désespoir, l’impression de me sentir une vraie merde dans la vie.
Mais comme je n’abandonne jamais,  et qu’on m’a dit les choses en face notamment cette personne, par mes lectures diverses, par le yoga (qui m’a beaucoup apporté notamment dans le fait de renouer avec  mon corps)
Et bien sur tout cela ne c’est pas fait du jour au lendemain, mais sur plusieurs années.
De plus ma grosse tendance à être perfectionniste n’était en fait que ce reflet de l’aspect du regard de l’autre, notamment dans le domaine scolaire.
Cette année j’ai eu des repêches à passer. Cela a été très dur pour moi. J’ai appelé ma mère, et là j’ai fondu en pleur. Je me suis prise une de ces engueulades dont je m’en souviendrais, mais qui a fait tilt dans ma tête.
Engueulade non pas pour mes résultats, car cela mes parents ils n’ont jamais rien exigé à ce niveau de moi, mais par rapport au fait que j’étais en train de me dévaloriser de dire que  j’étais qu’une merde et tout.
Si j’étais en face de ma mère je crois que je me serais prise deux claques là.
Mais cet appel m’a fait du bien, et avec cette belle remontée de bretelles  les neurones se sont reconnectés dans ma tête et je me suis rendue compte du mal que j’étais en train de me faire pour un petit détail.
Dans cette peur du regard de l’autre, je m’enfermais dans ma peur. Mais tout cela j’en étais la plus grande responsable, car tout ce système de pensée c’est moi qui le créais même de façon inconsciente.
Je ne pouvais pas croiser le regard d’une personne et la regarder dans les yeux.
Je peux vous dire que le travail derrière tout cela pour abattre cet immense mur n’a pas été facile, et il y a eu des  creux avant d’atteindre le haut de la montagne.
Je sais par contre que ce travail n’est pas forcément fini et que certains aspects très minimes sont  encore à travailler.
Et ce n’est que quand j’ai pu prendre ce détachement que j’ai vraiment commencé à vivre.
J’ai à cette époque rencontré mon premier copain en 2009. Je n’étais pas encore en pleine confiance en moi, j’étais encore très fragile sur cette question de l’amour propre, cela m’a certes apporté un peu mais m’avait surtout détruite au fond de moi, mais fort heureusement j’ai vite rebondi pour ne pas me laisser abattre et ne pas foutre tout ce travail fait sur moi en l’air à cause d’un con.
Pour vous dire maintenant je m’exprime énormément à l’oral ce que je n’aurais jamais pu faire avant. Et ce n’est pas qu’un peu que je m’exprime.
En 2009 j’ai entrepris des démarches pour aller à la rencontre de personnes partageant mes convictions.
Je me suis enfin exprimé moi en 2008, et ne plus me laisser étouffer, par le peur de la critique du jugement.
Avant par exemple j’étais très mal à l’aise avec les amis masculins, et j’en avais donc peu pour ne pas dire pas.
Et aujourd’hui je dirais que dans mes très bons ami(e)s il y a bien plus de mec que de femme.
Si  bien  que ma mère n’avait pas l’habitude d’entendre des prénoms masculins dans ma bouche, et quand elle m’avait au téléphone que je lui que j’étais allé ici ou là avec un copain sa première question c’était de savoir si j’étais en couple. Ah je vous jure les parents parfois.
Maintenant elle a compris.
Je suis allée au-delà de mes peurs, j’ai organisé des rencontres végé par exemple, j’ai fais des animations pour l’AVF en magasins.
Je sais que le regard de l’autre est toujours un tout petit peu là, mais quasi rien.
Hier matin je revenais de la piscine en vélo, et j’ai croisé une voisine à mes parents (une dame âgée) je lui dis bonjour, et là elle me fait plein de compliments, et me dis je suis sure que tu es bien dans ta peau maintenant, cela se voit.
Voilà vaincre la peur du regard de l’autre ce n’est pas impossible, mais pour y arriver cela va demander à gros travail et surtout une remise à plat de votre système de pensée.
Vous pouvez y arriver, et ainsi gagner la voie de l’amour propre.
Alors soyez prêt et vous verrez vous ne pourrez plus faire marche arrière, et l’autodestruction serra derrière vous si vous apprenez à gagner cet amour pour votre personne, en faisant obstacle du regard de l’autre.

 

4 réponses à “le regard des autres

  1. Jérémy

    12 juillet 2011 at 606 07

    Bonjour Sabrina, la pratique du parkour s'inscrit parfaitement dans cette démarche ^^

     
  2. indiantigre

    12 juillet 2011 at 606 10

    et oui et c'est d'ailleurs ce que tu m'as enseigné 😉

     
  3. Zab

    12 juillet 2011 at 606 56

    Beau combat Sabrina, je pense que ton témoignage va aider certaines personnes, je souhaite qu'elles te lisent.Que la suite soit plus douce…

     
  4. indiantigre

    12 juillet 2011 at 707 00

    merci Zab, c'est aussi pour cela que j'ai écris cet article, pour qu'il puisse profiter à d'autres.La suite est effectivement bien plus douce, la torture est finie

     

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

 
%d blogueurs aiment cette page :