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le vrai visage de l’anorexie

06 Mai

Ceux qui me suivent ici savent que j’ai traversé une anorexie très sévère dans mon passé.
Une souffrance qui a duré plus de 8 ans.
Dans l’anorexie on entend souvent que c’est un soucis de minceur.

6 mois avant le début de mon anorexie

Si il y a bien un domaine qui me met en rage, c’est toutes les conneries qui se disent sur le sujet de l’anorexie.
Quand je suis tombée dans l’anorexie, c’était à 10000 kms d’un soucis de minceur.

Un mal aise profond, le sentiment d’être incomprise, me sentir étrangère dans cette société dans laquelle je ne me voyais pas vivre. Le départ de mon anorexie a été une lourde intoxication médicamenteuse, pour soit disant guérir une autre pathologie. A partir de ce jour là je n’ai plus eu confiance en la médecine.
Sans compter les autres ravages que je cumulais depuis plusieurs années.
Les ravages psychologiques que mon dentiste de l’époque avait fait sur moi. (il a voulu me faire opérer pour m’enlever un os du menton, et me couper un bout de la langue. Ceci étant pour lui la cause de mes problèmes dentaires de l’époque, dur dur quand tout cela commence à 12ans) Et heureusement mes parents se sont opposées à cette opération. Des ravages d’un chirurgien, des ravages de la bêtise humaine etc,
Oui j’avais 14 ans, mais cette société ne me parlait pas, on m’imposait de suivre des chemins que je ne voulais pas au fond de moi.
Du coup je n’arrivais pas à trouver de sens à ma vie.
Je n’avais pas la force de me foutre en l’air, car un petit quelque chose me rattachait à la vie.
Alors j’ai pris le chemin de la souffrance à bas bruit.
Une sorte d’appel au secours.
Les psys  à l’époque m’ont détruit encore plus. Tout le monde réduit l’anorexie à un conflit mère fille.
Le conflit moi il n’était pas présent, c’est à cause de cela qu’il s’est créé par la suite. La guerre s’est déclarée entre ma mère et moi à cause des psys.

Pendant un mois, sous le même toit, avec mon père on ne s’est pas adressé la parole, on ne sait plus dit bonjour, on se croisait avec des révolvers dans les yeux car nous avons le même caractère tous les deux.
Et ça c’était dur. Nous étions très rancunier l’un comme l’autre.
Mais à force d’entendre les psys mes parents pensaient que je faisais exprès.

Avec mes parents maintenant tout se passe à merveille,on est très proche l’un de l’autre même si on se voit peu.

Plus je voyais les psys et plus je m’enfonçais car personnes, je dis bien personnes ne voulait écouter.
Tout était projection.
Mais une petite lueur d’espoir continuait à briller en moi. Comme j’étais perfectionniste (je le suis beaucoup moins), la perfection je pouvais la faire dans le bon sens mais aussi dans le sens négatif.

J’ai rencontré des personnes qui m’ont aidé à m’affirmer moi, être qui j’étais, de là j’ai pu faire ce gros travail sur moi, m’exprimer et dire tout ce qui était enfouis en moi.
J’ai décidé de suivre mon chemin et non tout ce que les gens voulaient m’imposer.
C’était un gros travail à faire sur moi, pas évident du tout. La spiritualité amérindienne m’a profondément aidé.

Une personne que je considère un peu comme mon grand père, m’a beaucoup aidé à m’affirmer moi.
Cette personne qui a vu de très nombreuses personnes passer entre ces mains. Il me disait que jamais au cours de sa vie il n’avait vu une personne avec autant d’acharnement que moi, et que quand j’avais une idée en tête , on pouvait me parler , rien n’y ferait.
Comme il m’a dit, la perfection est une grande qualité chez toi dans certains domaines, mais la perfection t’a envoyé très bas, et tu t’appliquais à te détruire au maximum pour te punir de cette vie, te faire souffrir. Te punir d’exister cette perfection t’a fait cotoyer la mort en toi, de façon très profonde. Tu voulais te foutre en l’air  »
Il avait raison, car je n’y allait pas avec des demi mesures.
Le seul endroit où j’étais bien c’était quand je partais marcher pendant 4 h le dimanche matin, alors que je n’avais que la peau et les os sur moi, j’avais encore de la force. Mais ce n’était pas la force physique seul le mental me tenait.
Je suis persuadée que le mental peut avoir un gros impact, sans quoi j’aurais perdu la vie il y a bien longtemps.

De tout cela j’ai pu m’exprimer moi, et suivre mon chemin pour être ce que je suis aujourd’hui.
Toute ces années où j’ai souffert je ne les regrette pas car je ne serais pas ce que je suis aujourd’hui;
Et à vrai dire je me fiche totalement de sortir des sentiers battus aujourd’hui.
J’ai envie de vivre, je sais ce que je veux dans ma vie et ceux que je ne veux pas. La bêtise humaine j’en ai assez vu comme cela.

Pendant cette anorexie J’avais 17 ans, l’année de la canicule, au plus bas de mon anorexie,  (34 kg pour 1m77) au plus bas de ma souffrance et de ma dépression, (car dans mon anorexie la seule chose que je cherchais c’était me faire souffrir pour me punir )  on m’a interné en hôpital psy, pensant que c’était LA solution pour que je me réveille. Mais c’était la pire connerie car cela m’a encore plus ravagé
J’ai été internée 5 mois, avec des foux autour, enfermée à clefs dans une chambre pendant 5 mois sans en sortir sauf pour aller prendre ta douche.
Ne pas pouvoir ouvrir une fenêtre de plus de la largueur de 3 doigts, l’été de la canicule.
Ne plus avoir une seule affaire perso, pas même un habit, et devoir mettre un espèce de tissus qui ressemble à un pyjama de prison. Ne pas avoir droit une seule visite,pas même de mes parents, pas un seul courrier, pas un seul coup de téléphone. De devoir aller faire ses besoins sur un Montauban. D’attendre pendant 5 mois que le temps passe, absolument rien rien rien pour le faire passer, pas même la moindre once de lecture ou de musique, rien rien absolument rien.
Devoir prendre ta douche nue devant une infirmière etc, ben la pudeur en prend un coup mais aussi la féminité. Que j’ai enté à max pendant un bon moment après cela.
De ne pas pouvoir passer son bac de Français. De voir les gens qui venait me parler à travers la porte pour me donner un peu de compagnie car il voyait les infirmières me fermer à clefs.
Oui l’internement je l’ai connu, et ‘internement m’a ravagé psychologiquement.
Je suis sortie contre l’avis du psy car mes parents ont signé une décharge. De là il m’a fallu me reconstruire et pas qu’un peu car cette hospitalisation a été l’horreur pour moi. les images traversent toujours mon esprit comme si c’était hier, mais j’ai fais la paix avec ce passé,et l’évoquer ne me fait plus pleurer. J’ai du déployer en moi toutes les forces possibles pour me reconstruire.
Des conditions inhumaines . Pour seule compagnie mon lit, et attendre pendant 5 mois que les minutes tournent, pas un seul livre, rien rien rien le néant de néant.

Je ne suis pas là pour me montrer en exemple, j’ai horreur de cela.

L’anorexie non ce n’est pas un soucis de minceur, mais un malaise bien plus important.
Il y a des tas de gens qui en souffre et bien plus qu’on le pense.
L’anorexie oui on peut s’en sortir.
Cela est long (voir rapide pour certains)

Autre truc qu’on entend c’est qu’une anorexique se fait vomir.
Perso j’ai été anorexique et jamais je me suis faite vomir, jamais.

Dire à une anorexique manges et tu vas guérir  c’est du non sens. C’est ne pas vouloir voir le problème en face. Moi je l’ai entendu plus d’une fois cette phrase.

L’anorexie on ne fait pas cela par plaisir.
Perso j’ai vu mon père pleurer une seule et unique fois dans ma vie, c’était à cause de moi dans cette anorexie.

Tous les gens qui me connaissent, ceux qui ont vu l’avant et l’après, le disent que je suis pleine de vie;
Je baisse difficilement les bras.

Des médecins qui ont compris le vrai visage de l’anorexie il y en a peu.
Et c’est bien dommage.
Les médecins, infirmières et autres qui prennent le temps s’intéresser à la personne malade, à son âme, au lieu de se focaliser sur le poids qui n’est qu’une conséquence du problème . Trop beaucoup trop de thérapeutes réduisent cela à une question de poids.
Et pour moi tous ces médecins ils n’ont rien compris.

Pour ma part je n’ai jamais été sondée, (cela n’existait pas dans ma région les services d’endocrino) mais la sonde de gavage je ne pense pas que cela soit une solution.
Un médecin écrit un bon témoignage dans la gazette des Femmes, et il est un des rares à avoir compris qu’elle prise en charge adopter.  Je n’arrive plus à le retrouver mais si je remets la main dessus je le partagerais.

Au cours d’un des stage hospitaliers, j’ai affronté la psy, j’ai eu des flash en moi, mais j’ai fais le choix volontairement pour aller au delà de tout cela et savoir si cela me ferait remonter de choses et si je serais capable de les affronter et d’accueillir ces émotions. J’ai gagné et j’en était fier.
Ce passé est derrière moi, il fait certes parti de moi, mais ce n’est pas lui qui gouverne ma vie aujourd’hui.

Je sais que beaucoup de personnes me contacte, pour savoir comment j’en suis sortie. Ces personnes me remercient ensuite car ensemble on arrive à voir des petites pistes.
C’est clair que c’est un domaine où j’aimerais beaucoup donner de ma personne pour apporter un soutien à ces personnes et les aider à s’affirmer elle.
Je le fais certes mais avec l’impression de ne pas en faire suffisamment.

Un long article mais qui avait besoin d’autant de longueurs pour dire ce que je souhaitais sur le sujet.
Merci de m’avoir lu jusqu’au bout .

 
 

8 réponses à “le vrai visage de l’anorexie

  1. Anonymous

    6 mai 2012 at 1705 24

    Salut ! ca au moins c'est du lacher prise, ca a du te faire du bien, en tout cas tu as vécu une sacrée épreuve, mais tu sais les gens qui n'ont pas vécu d'épreuves sur des gros trucs ne se rendent pas compte et parfois font du mal plus que du bien même s'ils nous aiment car ils y a des choses qu'ils ne comprennent pas du tout comme le fait de dire: il faut parler mais au départ quand on est trop mal on ne peut pas le faire pdt un temps très long car le temps fait aussi son travail de médicament à l'intérieur et tant que on est si mal ca ne sert à rien de nous triturer souvent ca ne fait que empirer les choses alors que on a besoin d'être juste entourée aimée et de guérir peu à peu car une épreuve ou une maladie nécessite une évolution sur certaines choses pour guérir et cela prends du temps alors que les proches veulent que on guérisse vite mais ce n'est parfois pas possible il faut le temps qu'il faut tout simplement.c'est pour ca que aussi parfois ca entraine des dommages colateraux comme ce que tu as vécu en psy et avec tes parents, je pense que c'est inévitable malheureusement à ajouter en plus de la difficulté de la maladie en tout cas bravo pour tout ton cheminement, pour ta nouvelle vie, toutes tes réalisations et tout ce que tu vas pouvoir apporter à ce problème de l'anorexie car c'est de l'intérieur que on connait le mieux les problèmes et les solutions quand on en est guérie pour pouvoir aider ceux qui en souffrent à leur tour ……

     
  2. indiantigre

    6 mai 2012 at 1806 18

    cet article je voulais l'écrire depuis un moment, et là je me suis lacher et je pourrais encore en rajouter. Mais là je pense que cela suffira. Oui on ne peut réellement comprendre ce que l'on a vécu, je suis bien de ton avis le temps fait le travail, car c'est tellement à vif au départ qu'on ne peut pas faire sortir ce qu'il y a en nous, qu'on cache tout au fond de nouscomme tu dis plus on nous fait chier car c'est le cas de le dire, et plus on va mal.Et plus on a envie de se détruire. Mais vient un jour où tout cela fait tilt dans la t^te , Dans ces moments, on demande juste à avoir du soutient ,pas du mattracage. Mais va faire comprendre cela au genS;Les claques que l'ont se prend à la figure, font leur chemin et travaille en nous, à mon sens elle ne sont pas inutile.Je n'entends pas les claques physiques, mais les choses qui nous mettent face à nous même.Les dommages collatéraux malheureusement on y pense pas.

     
  3. La Kapsule

    24 novembre 2012 at 2311 33

    Merci ! Au moins ça remet les pendules à l’heure. Ça n’a vraiment pas dû être facile tous les jours. Je ne peux pas imaginer ce que vous avez vécu, non, je ne le peux pas.

    Quand vous aurez cet article de la Gazette dont vous parlez vous le mettrez en ligne ?

    Bravo pour votre parcours !

     
  4. johelr

    24 mars 2016 at 2109 00

    Bonsoir
    Merci pour cet article qui me parle beaucoup. L’anorexie, j’ai connu et hélas je connais encore ! La guérison ne se réduit pas à une reprise de poids ou à une alimentation apparemment « normale » ! Je suis encore en cheminement (depuis une petite trentaine d’année) … vers mon alimentation, et pas celle que la société m’impose ! J’ai aussi connu l’enfermement comme beaucoup, ce fut un ouragan ! Bref votre cheminement m’a apaisé ce soir ! Merci merci

     
    • indiantigre

      10 avril 2016 at 1806 33

      merci pour ce riche message
      je suis heureuse de savoir que cet article a pu vous apporter
      au plaisir
      courage

       

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